Grippe aviaire A (H5N1) en Asie

Décembre 2005

La grippe aviaire

La grippe aviaire est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres (ou types) dont influenza virus A. Celui-ci est divisé en sous-types parmi lesquels H5 et H7. Cette infection peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux, sauvages ou domestiques. Elle peut être fortement contagieuse, surtout chez les poulets et les dindes, et peut entraîner une mortalité extrêmement élevée, en particulier dans les élevages industriels. Le virus influenza aviaire infecte parfois d'autres espèces animales, notamment le porc. Les canards domestiques, chez qui l'infection est le plus souvent asymptomatique, pourraient jouer un rôle important dans la dissémination du virus en servant de réservoir silencieux ainsi que les oiseaux migrateurs.

Les virus de la grippe aviaire peuvent exceptionnellement être transmis à l'homme. Cette transmission s'effectue essentiellement lors de contacts fréquents et intensifs avec des secrétions respiratoires et des déjections d'animaux infectés. Le tableau clinique chez l'homme est marqué par une infection respiratoire aiguë sévère, d'évolution souvent fatale. L'infection peut également prendre d'autres formes cliniques (digestives, par exemple), voire être asymptomatique. Le diagnostic biologique est réservé à certains laboratoires spécialisés. Des traitements antiviraux peuvent, dans certaines situations, avoir une certaine efficacité en prévention ou dans la prise en charge thérapeutique.

Le risque majeur représenté par les virus aviaires A(H5N1) est qu'ils s'adaptent à l'homme et qu'une transmission interhumaine s'installe. Ce virus peut s'adapter de deux façons : soit en mutant progressivement, soit en se recombinant avec une souche virale humaine. Cette recombinaison pourrait survenir chez un hôte intermédiaire (porc) ou chez l'homme à l'occasion d'une co-infection. Une souche recombinée ou qui aurait mutée pourrait acquérir une capacité de transmission interhumaine. Le risque de dissémination deviendrait alors important, compte tenu de l'absence d'immunité de la population mondiale vis-à-vis de cette nouvelle souche.

Situation de l'épizootie A(H5N1) (épidémie animale)

Depuis le début de l'épizootie (décembre 2003), 16 pays ont été touchés : Cambodge, Chine, Corée du Sud, Croatie, Indonésie, Japon, Kazakhstan, Laos, Malaisie, Mongolie, Roumanie, Russie (Sibérie, Oural et régions de Tula, Tambov et Astrakan), Thaïlande, Turquie, Ukraine (Crimée) et Vietnam.

Situation des cas humains en Asie

Depuis le début l'identification des premiers cas en janvier 2004, tous les cas humains sont survenus en Asie. A ce jour, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 137 cas humains de grippe A(H5N1) ont été identifiés, dont 70 mortels. Ces cas sont survenus en trois phases : janvier-mars 2004, puis août-octobre 2004 et enfin décembre 2004 à ce jour.

Récapitulatif des cas humain de grippe A (H5N1) confirmés biologiquement

(PCR ou isolement viral) notifiés par l’OMS (janvier 2004 – 9 décembre 2005)

 

Janv à mars

2004

Juillet à oct 2004

déc. 2004 au 6 déc 2005

Total

 

Cas

Décès

Cas

Décès

Cas

Décès

Cas

Décès

Cambodge

0

0

0

0

4

4

4

4

Chine

0

0

0

0

5

2

5

2

Indonésie

0

0

0

0

13

8

13

8

Thaïlande

12

8

5

4

5

2

22

14

Vietnam

23

16

4

4

66

22

93

42

Total

35

24

9

8

93

38

137

70

Pour la plupart des cas humains décrits en Asie, la contamination a pour origine des contacts avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections. Cependant, la possibilité d'une contamination interhumaine consécutive à des contacts étroits et répétés au sein de groupes familiaux a été évoquée lors d'une quinzaine d'épisodes en Thaïlande, au Vietnam au Cambodge et, plus récemment, en Indonésie. Toutefois, cette possible transmission interhumaine est restée limitée et n'a pas donné lieu jusqu'à présent à une transmission communautaire secondaire.

Les mesures de contrôle

Sur le plan animal , les mesures recommandées consistent en une mise en quarantaine des foyers animaux identifiés, puis leur abattage, ainsi que celui des animaux potentiellement exposés. Afin d’éviter une contamination de ferme à ferme, il est nécessaire d’appliquer rigoureusement des procédures de décontamination du matériel utilisé dans ces fermes (vêtements, voitures…). Une conférence internationale, sous l’égide de l’OMS, de l’OIE et de la FAO, s’est tenue en juillet 2005 afin de statuer sur les mesures nécessaires pour prévenir la transmission du virus. Les principales recommandations insistaient sur la nécessité d’élever les différentes espèces animales séparément, en évitant notamment tout contact entre les volailles et les porcs, de mener de larges campagnes de vaccination sur ces animaux dans les zones à haut risque de transmission, et d’encourager les éleveurs à signaler les cas suspects de grippe aux autorités en prévoyant un dédommagement adéquat pour le préjudice financier subi en cas d’abattage.

Sur le plan humain , des mesures de précaution individuelles sont recommandées pour les personnes exposées à des volailles infectées. De même, pour les voyageurs se rendant dans des zones où il existe des foyers animaux, il convient de respecter certaines précautions). A l’heure actuelle, il n’existe aucun vaccin humain contre la grippe aviaire A(H5N1).

Recommandations sanitaires aux voyageurs

dans les pays concernés par l'épizootie :
- éviter tout contact avec des volailles vivantes ou mortes non cuites, et avec leur environnement ;
- se laver régulièrement les mains à l'eau savonneuse ou avec un soluté hydro-alcoolique ;
- ne consommer la viande (volaille, porc) ou les oeufs que bien cuits;
- interdiction formelle d'importer des oiseaux ou des produits d'origine aviaire ;

Votre Webmaster se fait un malin plaisir d'ajouter quelques notes statistiques perfides à l'usage des media et des touristes qui annulent parfois leur séjour en Asie pour cause de grippe aviaire. 70 décès en 104 semaines sur cette région représentent à peu près un décès tous les 10 jours. Le nombre de décès sur la route pour la même région dépasse les 1000 par jour. Vous avez donc 10000 fois plus de chance de décéder sur la route au cours de votre séjour que de la grippe aviaire. Conclusion : au pire dormez avec les poules, mais évitez les taxis (au fait, si vous fumez oubliez tout cela, les estimations pour la même région sont à plus de 5000 décès par jour).

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